Pourquoi mettre fin à l’exploitations des sables bitumineux?

Les traités sont des accords entre les autochtones et la couronne. Tous les Canadiens, les autochtones et les non-autochtones, sont en conséquence visés par les traités. D’après la loi constitutionnelle de 1982, les droits issus des traités avec les autochtones du Canada sont affirmés et reconnus comme étant au centre de l’existence même du Canada en tant que nation.

Pourtant, malgré ces nobles engagements, le Canada continue d’utiliser les territoires traditionnels visés par les traités, comme ceux des Cries de Beaver Lake,  comme des “zones sacrifiées”.

Les territoires des Cries de Beaver Lake sont devenus inaccessibles and inutilisables pour l’exercice de leurs droits en vertu du Traité 6.

La Cour Suprême du Canada a dit que, quoique la Couronne ait le droit de faire des decisions concernant l’aménagement du territoire, il est possible qu’un jour des droits issus des traités soient rendus vides de sens parce que la couronne aura autorisé trop d’autres usages incompatibles. La nation Cris est résolue à arrêter la destruction avant d’atteindre ce point de non-retour. C’est le but ultime du Procès aux Sables Bitumineux.

Une Catastrophe Climatique

Canada est le site de la plus grande réserve d’huile sale au monde—les sables bitumineux de l’Alberta. Les spécialistes du climat nous ont avertis que si on continue à dépendre sur l’huile sale de sables bitumineux, notre planète deviendra inhabitable en raison de l’escalade des fontes de glace dans l’Antarctique et d’autres points de bascule. En ce cas le bouleversement climatique deviendrait imbattable.

L’ exploitation des sables bitumineux est la source la plus rapidement croissante de gaz à effet de serre au Canada. La part des émissions nationales representée par les sables bitumineux devrait doubler entre 2010 et 2030.

D’après le scientifique James Hansen de NASA, si on extrait et consume tous les huiles des sables bitumineux, ça signalerait “fin de jeu” pour le climat. Continuer à brûler l’huile la plus sale, la plus intensive en carbon au monde va pousser le climat terrestre au-delà des points de bascule comme celle des fontes de glace de l’Antarctique. Une fois déclanché, le bouleversement climatique  apportera un ravage dévastateur incomparable. Comme le dit Bill McKibben, auteur et activist légendaire, l’humanité fera face à une planète pénible, une planète proie à des sécheresses dévastatrices, des inondations et des ouragans et nous serons considérablement moins capable de nourrir et d’approvisionner une population mondiale grandissante.

On se meurt
pour le pétrol

La terre ancestrale du peuple Crie de Beaver Lake a été cicatrisée et polluée par un grand nombre de projets de sables bitumineux sur-place. Des puits d’huile et de gaz et les infrastructures qui s’ensuivent ont délogé les orignaux et les wapitis. Les effluents des sables bitumineux ont pollué l’eau. Les caribous seront poussés vers une extinction certaine d’ici à 10 ans.

Il n’est pas trop tard! Les Cries de Beaver Lake n’ont pas seulement enduré et survécu mais ils ont une vision très différente pour leurs territoires et leur communautés. Ils sont déjà  en train de bâtir cet avenir. Leur résilience et leur détermination à remédier leurs terres, démontre ce qui est possible pour nous tous. Si on veut sauver la planète, il est grand temps d’agir.

Les territoires des Cries de Beaver Lake sont maintenant recouverts de 35,000 sites de pétrol et de gaz, de 21,700 kilomètres de lignes sismiques, de 4,028 kilomètres de pipeline et de 948 kilomètres de route.

Nous sommes en tête
avec les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables gagnent du terrain rapidement au travers le monde et les prix continuent à descendre. L’exploitation des sables bitumineux est contrôlées par d’énormes conglomérats internationaux et exigent des investissements de démarrage immenses, tandis que les énergies renouvelables peuvent être produites à la maison, dans nos communautés ou au niveau régional, ce qui permet de créer des emplois localisés et de stimuler l’économie locale. Le Canada serait en mesure de créerquelques 4 millions de nouveaux emplois si on avançait vers une économie basée sur des sources d’énergie zéro émission d’ici à 2050.

Les communautés autochtones prennent de plus en plus un rôle de premier plan dans la transition aux sources renouvelables. Tout en luttant contre les géants des sables bitumineux, les Cries de Beaver Lake sont en train de solariser leurs écoles et leurs édifices communautaires. En exerçant leur souveraineté ils créent une autre option économique que l’huile et le gaz pour leur territoire.

“Ce qui a de plus beau en ce moment c’est que nous avons la chance de créer un futur qui nous offrira beaucoup plus que l’huile et le gaz. Il est grand temps de faire une transition juste. Une transition comme en Allemagne où ils ont créé 400,000 emplois dans les secteurs d’énergie propre, pourrait facilement être émulée ici ”. C’est ce que Crystal Lameman, des Cries de Beaver Lake a écrit dans un article d’opinion publié par le Globe and Mail.

Les industries d’énergie solaire des États-Unis emploient maintenant plus d’ouvriers que le secteur charbonnier, d’après un rapport de 2017 du Département de l’énergie des États-Unis. Et c’est juste le début. Autres solutions: programmes de rénovation pour des millers des maisons et d‘édifices, investissements considérables dans les transports publics, programmes de protection et de restauration. Toutes ces solutions créeraient des emplois bien payants et rendraient des services indispensables.

  • Artwork by Evan Cardinal, Beaver Lake Cree Nation, and Lianne Charlie, Na-cho Nyak Dun and Beadwork by Violet Cardinal, Beaver Lake Cree Nation Photography by Ian Jackson and Serena Anderson, Beaver Lake Cree Nation Vidoegraphy by Avi Lewis
  • #509-620 View St. Victoria BC V8W 1J6 250.383.2331